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AF vs KLM Mise au point d’ALTER

6 septembre 2018

AF vs KLM
Mise au point d’ALTER

On discute beaucoup « écart de compétitivité » sous les ères libérales (renseignez-vous, l’histoire est une longue succession de cycles...). Nous pourrions commencer par nous interroger sur le fait de savoir si le terme « écart de compétitivité » est à notre avantage (ALTER parle des salariés...).
En effet, on trouve toujours une « griffe de banc » (benchmark) pour souligner que telle ou telle entreprise de transport aérien est plus compétitive qu’AF parce que sa masse salariale est moindre à situation comparable.

Dans le même temps, un frais et sémillant nouveau directeur aura toute la presse « orthodoxe » avec lui pour le féliciter d’avoir su vendre ses « compétences » aux sourcilleux et sévères cabinets de recrutement indépendants en charge de dénicher la perle rare. C’est ainsi qu’en ce qui concerne les rémunérations de directeur, la comparaison avec la concurrence joue vers des hausses, parfois spectaculaires. S’agissant de M. Smith, s’il « œuvre bien » (ce sera écrit noir sur blanc dans le « Document de référence 2018 »), nous verrons (comme pour ses prédécesseurs ADJ ou JMJ, relire les éditions 2016 et 2017 qu’ALTER tient le cas échéant à votre disposition) quels auront été les objectifs qu’il aura eu à satisfaire aux yeux du Conseil d’administration pour justifier un gros 300% !

ALTER gage qu’il n’y sera qu’assez peu question de « bien-être des salariés » ou d’indicateurs « sécurité des vols » par exemple, connaissance des habitudes prises oblige. Juste histoire de dire. En ce sens, ne pas avoir versé dans l’extase à la nomination de M. Smith ne s’explique pas par de la « xénophobie rampante », argument de caniveau si emblématique de notre merveilleuse époque. Cela s’explique par le fait que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, si les futurs projets doivent à nouveau consister à toujours plus dépecer la maison mère pour toujours plus de productivité, de diminution du prix du travail et de sous-traitance, nous ne voulons pas plus de lui que de ces prédécesseurs ou d’un autre « cost killer » libéral bien franco-franchouillard !

Dans son tract du 21 août 2018 « Enfin une nouvelle gouvernance », le SNPL réalise un comparatif destiné à très bien souligner que les salaires sont loin d’expliquer pourquoi il existe un abyssal différentiel de rentabilité entre AF et KLM à l’avantage de cette dernière. Nous nous entendons parfaitement sur le milliard d’euros en charges externes.

Mais nous nous portons en faux d’y ajouter, comme cela est imprudemment fait, les cotisations sociales et les cotisations retraites ! Il n’y a aucune économie à faire s’agissant de nos salaires différés et mécanismes de solidarité. Ce ne sont pas, au même titre que nos salaires, des variables d’ajustement. Les différentiels de charges d’exploitation entre AMS et CDG gonfleraient immédiatement les résultats d’AF de ce milliard d’euros manquant qui autorise aujourd’hui « les marchés » à railler notre vénérable Compagnie si meurtrie par la « branchitude libérale ». Ajoutons-y un collectif de travail à nouveau investi par la reconnaissance de sa plus-value et de ses efforts et la qualité de service offerte par Air France toujours davantage prisée. Même l’investisseur à gros cigare en sera contenté !