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Conflit social - Rien n’est réglé, tout reste à faire

9 mai 2018

Conflit social
Rien n’est réglé, tout reste à faire

Le vendredi 4 mai 2018 à 18 heures, la réponse des salariés et des Pilotes est tombée, nette et sans bavure : malgré une campagne de communication interne et externe honteusement anxiogène, 55% ont finalement rejeté le diktat en trompe l’oeil de la direction générale d’Air France. La participation ayant dépassé les 80%, c’est un vote d’une très grande légitimité.

Bravo et merci de votre capacité à avoir su garder les idées claires en cette période où rien ne nous aura été épargné (tentatives de division, politique de la peur – du vide, du concurrent, des syndicats, etc.–, procès en incompétence...).

Ainsi, l’ensemble des salariés d’Air France a confirmé que le rattrapage attendu pour les années de blocage de leurs grilles est légitime et raisonnable. Ce rattrapage n’est pas de nature à mettre en danger le développement de notre entreprise. Enfin, ce rattrapage, vous, nous, entendons bien aller le chercher puisqu’à l’évidence il n’est toujours pas dans les intentions des directeurs actuels de nous l’accorder de bon gré.

Le départ précipité de J.M. JANAILLAC, conséquence d’un chantage à la démission, n’a jamais été demandé par les organisations syndicales et ne règle en rien la problématique soulevée. Il souligne cependant à quel point les « directeurs modernes » avec leur vision tant vantée par les commentateurs officiels sont fondamentalement fermés aux demandes qui ne sont pas les leurs. Le « dialogue social » qui « fonctionne », c’est quand on est d’accord pour faire semblant : un rôle assumé par la cfdt ou/et la cfe-cgc. Facile de se peindre en champion de la négociation quand ce sont les revendications de la direction que l’on fait passer pour les nôtres ! ALTER affirme sans fard que l’inconséquence est très gravement le fait de la direction générale d’Air France et de ses pairs : comment est-il concevable de répondre à un très profond et général malaise social (partagé du mécanicien en bas de l’échelle à la commandant de bord A380) par un caprice narcissique tel que celui étalé par JMJ ? Qui est inconséquent ? Qui est à côté de la plaque ?

Le projet salarial de la direction est un projet très clairement identifié comme un trompe l’oeil. Le refus éclairé des salariés a déchainé les sicaires habituels de ce pouvoir là. Président, premier ministre, ministre des transports, ministre de l’économie, cercles économiques et financiers, rédactions, chacun y est allé de ses cris d’orfraie, menaces et autres promesses de mort dans d’atroces souffrances. Nous allons continuer de tenir le jeu, de garder la main.

Depuis le résultat sans appel de la consultation, une période d’attentisme s’est ouverte. Sidération devant un évènement à très forte répercussion, bien au-delà même d’Air France. Toujours est-il que vous avez signifié votre soutien à la revendication portée par les syndicats en votre nom. La légitimité de cette revendication ne fait pas question. Sa satisfaction reste à obtenir.

L’intersyndicale s’est réunie à Roissy le 7 mai. Il a été décidé d’attendre le 15 mai, date de l’AG d’AFKLM. Nous avons estimé nécessaire une pause dans les appels à la grève. Ceci est dû au fait que la « vacance du pouvoir » consécutive au départ de JMJ s’impose à nous, que nous l’acceptions ou non et bien que ce ne fut absolument pas notre demande. C’est un fait, il serait extrêmement difficile de relancer des négociations avant, qui plus est avec ceux des directeurs qui portent la responsabilité exclusive de cet échec, de ce gâchis. Est-ce d’ailleurs souhaitable si l’on considère combien certains semblent tentés par une politique de Terre brûlée après essuyé cet affront jugé insupportable. Attitude symptomatique des élites « modernes et visionnaires » : elles ont l’ego très susceptible. Elles s’embarrassent bien moins de la souffrance des salariés.

Les syndicats membres de l’intersyndicale ont décidé de s’adresser à nouveau à la direction d’Air France en votre nom afin de lui rappeler que sa responsabilité passée et présente reste entière dans le conflit. Cette « Lettre ouverte » vous a été communiquée par vos syndicats respectifs.

Merci de votre soutien !
Restons et restez mobilisés !