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Conflit social, Un Couderc frais à Air France ?

24 mai 2018

Conflit social
Un Couderc frais à Air France ?

ALTER tient à revenir sur l’actualité sociale et politique de la semaine passée s’agissant bien évidemment du conflit salarial toujours en cours à Air France.

Comme annoncé partout, Jean-Marc Janaillac a remis sa démission du poste de PDG d’AFKLM à l’occasion de l’Assemblée générale des actionnaires AFKLM le 15 mai dernier.

La victoire du « Non » à la consultation organisée par la direction souligne l’adhésion des salariés à la revendication et à la stratégie poursuivie par l’Intersyndicale AF. Ce « Non » est la marque qu’ils ne sont pas tombés dans le piège du caprice narcissique tendu par JMJ. Pourtant, la direction et ses alliés du pouvoir persistent à accuser de tous les maux ces « odieux pilotes assoiffés d’argent ». Franck Terner va plus loin en osant, comble de la malhonnêteté intellectuelle, insinuer que ce « Non » n’a pas été une réponse à la question posée, laquelle était :

« Pour permettre une issue positive au conflit en cours, êtes-vous favorable à l’accord salarial proposé le 16 avril 2018 ? ».

Cher Franck, à 55 % des 80 % ayant répondu, les gens ont rejeté clairement la proposition indigne de la direction. Ce qui vous dérange, c’est qu’il n’était pas prévu que le « Non » puisse l’emporter ! Pour la direction, la consultation se veut un « pile je gagne, face tu perds ».

Une gouvernance de transition a donc été mise en place à grand renfort de publicité. Madame Couderc va assumer les fonctions de Présidente non exécutive du Conseil d’Administration (CA) AFKLM. MM. Gagey, Terner et Elbers composent un Comité de décision collégiale (?). Il fallait, par une communication tous azimuts, distraire les masses et les empêcher de réaliser non seulement l’incurie, mais également l’incapacité des dirigeants (politiques, privés ou publics, peu importe leur origine) actuels à reconnaître leurs erreurs, qu’elles soient d’appréciation ou stratégique. Ces nominations ont été assorties d’un mandat soulignant combien les dirigeants sont arcboutés et sourds à tout ce qui ne sort pas de leurs cénacles : la politique industrielle de moyen terme visant à poursuivre le démantèlement d’Air France par le biais de TOF, JOON, HOP ! et le transfert d’activité vers KLM (très probablement le plan que JMJ devait annoncer en juin) est réaffirmée. Dans le même temps il est asséné que le Directeur général d’AF n’a pas mandat du CA pour négocier (ce qui souligne l’incapacité des dirigeants à changer de projet d’action quand il devient avéré que la décision prise n’est plus la bonne...). La direction a pesé de tout son poids pour forcer un « Oui » à cette consultation. Et elle organise son absence de mandat à négocier. Le CA dans son ensemble veut persister dans les orientations qui ont conduit au conflit. C’est irresponsable !

Quelle réponse ALTER a-t-il voulu donner à cette nouvelle donne ? Tout d’abord et avant tout, s’inscrire dans le prolongement de la dynamique intersyndicale qui est notre seule chance d’aboutir à la satisfaction de nos revendications, légitimes et raisonnables ! À ce propos, les pilotes de KLM ont obtenu une hausse de 4 % de leur grille de salaire, sans heurts, sans pleurs et surtout sans avoir été gelés au préalable ! Dans quel camp sont l’inconséquence et la déraison ?

Ensuite, rester simples et maîtres de nos demandes et du calendrier : c’est pour cela que nous avons collectivement saisi Madame Couderc de la situation (cf. tract page 2). Il s’agissait de l’alarmer sans délai que le problème reste absolument entier. Et qu’il faut le régler rapidement. « Vous êtes la chef, vous êtes compétente, nos revendications restent insatisfaites, nous demandons à ce que vous nous receviez rapidement pour rouvrir les négociations interrompues le 16 avril ». Peu nous importent les mandats décrétés en CA. Peu nous importe la politique de la terre brûlée (cf., par exemple, la désolante affaire du 787, conséquence non d’une posture syndicale, mais de la politique « zéro QT » suivie pendant dix ans) dans laquelle LA DIRECTION, et elle seule, nous entraine ! Dans le cas contraire, nous savons quoi faire. La balle est aujourd’hui dans le camp de Mme Couderc.

Mme la Présidente d’AFKLM nous a répondu (de manière sélective certes, avec des rencontres bi-latérales réservées aux syndicats représentatifs, mais quand même : lire page 3). C’est un bon point, mais l’absence de calendrier laissant subsister un doute quant à une issue rapide, l’Intersyndicale AF n’a pas voulu prendre de risque tout en ne souhaitant pas poser d’ultimatum : ce jour, nous avons donc informé par un contact téléphonique direct la nouvelle Présidente de toute notre disponibilité pour la semaine prochaine...

Que pourraient donc lui apporter de telles rencontres ? Ne sait-elle pas déjà tout de ce qu’elle a à savoir ? Souhaite-t-elle simplement se présenter et donner la perspective de son passage à AFKLM ? Mais nous ne voulions pas refuser que les syndicats soient reçus en bilatérales. À cette occasion, chaque membre de l’Intersyndicale AF, pilote compris, affirmera et revendiquera la même chose. Ce sera donc aussi l’occasion d’un message fort : unis nous sommes, unis nous resterons !

Nous devons aussi nous préserver du risque que les pratiques managériales de longue date ne disparaissent pas comme par enchantement ! D’où le maintien du rapport de force par la maîtrise du calendrier. La grève n’est pas notre objectif ! Cela a été hélas le seul moyen de contraindre une direction qui ne le voulait pas à ouvrir des « négociations ». Par contre, notre objectif reste d’obtenir satisfaction !

Air France a besoin de purger sa crise sociale par le haut

Au-delà de ces rencontres bilatérales, l’Intersyndicale AF demande à être reçue également, avec chacun de ses membres, représentatifs ou non, dès la semaine prochaine. Nous ne laisserons pas filer le calendrier.

Le mandat de Mme Couderc, c’est l’Intersyndicale et les salariés AF qui devront le lui donner… puisque nous ne pouvons compter sur un sursaut du CA ! Elle ne devrait être là que pour purger l’énorme malaise qui traverse l’entreprise ! Et nous sommes plus que jamais entièrement disponibles pour cela !

La semaine prochaine, du 28 mai au 1er juin, doit être celle au cours de laquelle Mme la Présidente et la direction d’AF auront pris la balle au bond. L’Intersyndicale AF a prévu une réunion le lundi 4 juin pour faire le bilan et décider de la suite.

En parallèle, l’Intersyndicale AF a décidé de demander audience aux Présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.

ALTER est investi de toute son énergie dans ce travail collectif. Notre revendication est juste ! Notre revendication est légitime ! Préserver l’unité et la cohésion nous apparaît plus que jamais indispensable ! Nous allons, avec le soutien des pilotes et de l’ensemble des salariés, imposer à la direction la réouverture des négociations afin de nous entendre sur un compromis satisfaisant. Nous ne laisserons pas ces dirigeants continuer d’agir comme des mercenaires irresponsables !

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