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Du côté du CHSCT Pilotes

5 décembre 2018

Du côté du CHSCT Pilotes

A la veille des prochaines élections professionnelles (févier/mars 2019) qui consacreront la disparition des DP, CE et CHSCT tordus, fondus et malaxés dans le CSE (Comité social et économique), ALTER tient à partager avec vous quelques échanges nés de vos remontées « terrain » à travers les PR que vous rédigez. Ceux-ci ont permis aux élus de l’instance de saisir la direction générale par delà les « études de sécurité » et autres « task force » en charge « d’objectiver nos ressentis » (en clair, de les délégitimer), en premier lieu desquels cette fatigue née de la productivité exacerbée (heures de vol) que le programme nous impose, toutes flottes confondues. C’est la persistance de ces objectifs purement budgétaires, d’ailleurs à l’origine des accords Transform 2015 ou Trust together, par ses conséquences sur le « bien-être des salariés au travail », qui a conduit le Comité à rendre un avis défavorable sur les « rotations hiver 2019 » lors de la présentation de celles-ci en octobre dernier.

S’agissant du CHSCT Pilotes, ses missions seront l’apanage de la prochaine commission « CSSCT » (Commission santé sécurité et conditions de travail) qui sera mise en place après les élections. Cette commission sera officiellement en charge de préserver la santé et la sécurité des pilotes à leur poste de travail. Nous verrons à l’usage…

D’ici là, ALTER vous propose le petit pot-pourri des questions-réponses des dernières réunions tout en soulignant et remerciant tous les élus de l’instance (toutes tendances confondues dont ceux d’ ALTER pour leur travail !

Prochain circuit équipage LC à ORY :

A l’issue des débats survenus lors de la réunion ordinaire au point 04, « Information sur le projet de délocalisation du départ vol LC d’Orly », les Représentants constatent que le circuit équipage à Orly est toujours aussi complexe et long (parking P5, espace facilités, passage du PIF, arrivée à la PPV, accès aux avions) et que le projet n’apporte pas d’amélioration particulière concernant cet aspect, primordial, des conditions de travail des pilotes. De plus, le trajet pour rejoindre la borne de pointage du terminal d’Orly (MC et LC) est excessivement long et impose au pilote d’anticiper de manière exagérée son arrivée à l’aéroport.

Par conséquent le CHSCT-Pilotes propose à la Direction de la Compagnie d’installer une borne supplémentaire de pointage à l’entrée du parking P5, ce qui confirme la présence du pilote dans les installations, et diminue le stress inutile avant le début de la mission.

Commentaire ALTER :
La direction n’a pas répondu favorablement à cette proposition dont l’esprit consistait à lui faire assumer les conséquences de l’organisation du travail qu’elle impose. En l’occurrence, le temps de trajet entre le parking et le lieu de présentation. Mais si la direction n’implantera pas de badgeuse au P5 et si elle n’a pas encore obtenu d’ADP des places de parking plus proches des terminaux, elle a néanmoins pris en compte ces demandes en réorganisant le ramassage des équipages par navette. La fréquence des liaisons sera de un départ toutes les 10 minutes et le point de dépose aux terminaux bien plus proche des PIF que prévu initialement.

Suivi de la fatigue des équipages :

A l’issue des débats survenus lors de la réunion ordinaire au point 1, « Information sur le SGRF », les Représentants constatent qu’il n’existe toujours pas d’indicateur fiable quant au taux de satisfaction des demandes d’OPL de renfort par le CDB à la base.
Il existe 4 sources possibles pour alimenter un tel indicateur : PR, Suivi planning, Regulation Pilotes et Pilote CCO.
Une seule de ces sources permet de détecter une non-satisfaction.
Par conséquent le CHSCT-Pilotes propose à la Direction de la Compagnie de mettre en place cet indicateur, basé sur ces 4 sources, dans les plus brefs délais.

Commentaire ALTER :
Pas de réponse de la direction à cette « douloureuse » question pour elle. Malheureusement, cette « douleur » est très largement partagée avec les équipages qui souffrent de la fatigue… Ce sujet sera un cheval de bataille que les nouvelles institutions du personnel ne sauront pas cacher sous un tapis ! ALTER sera de cette bataille ! A vos PR ASR !

Utilisation de la marge CDB :

A l’issue des débats survenus lors de la réunion ordinaire au point 3, « Information du Secrétaire », les Représentants constatent que la moindre irrégularité amène les TSV des pilotes proches de leurs butées.
Or l’analyse des retards moyens montre que beaucoup de vols multitronçons subissent des retards cumulés.
De plus, les conditions météorologiques fréquemment défavorables durant les périodes de passage du front intertropical augmentent ces retards.
Les CDB sont donc parfois amenés sur ces vols à utiliser leur pouvoir discrétionnaire pour partir de l’escale intermédiaire.
Or avant d’utiliser sa marge, les FTL stipulent que le CDB doit consulter “tous les membres d’équipage au sujet de leur niveau de vigilance…”.
Durant l’escale intermédiaire, PAX à bord, comment le CDB doit-il ou peut-il faire pour remplir ces conditions nécessaires, sachant qu’en cas d’évacuation PAX, toujours possible, la place du CDB est au cockpit et les PNC à leur porte ?
Par conséquent le CHSCT-Pilotes propose à la Direction de la Compagnie d’expliciter les conditions de mise en œuvre de la marge CDB dans ces conditions.

Commentaire ALTER :
Là aussi, pas de réponse de la direction. Pourtant, le MANEX A est explicite… A vos PR ASR !

Sureté : Procédure « DEPU autonome » :

A l’issue des débats survenus lors de la réunion ordinaire au point 9, « Information sur la sûreté, procédure DEPA », les Représentants constatent que la Direction a diffusé sur les PilotPads le 24 août 2018 un dossier thématique intitulé “La reconduite à la frontière”. La vocation de ce document inédit dans la forme comme dans le nombre de pages vise à banaliser ce type de transport aux yeux des équipages en général et des CDB en particulier. Nous en voulons pour preuve la mise en place de la procédure de « DEPU autonome ». C’est une mesure de facilitation offerte aux autorités dont on rend finalement le CDB responsable de l’exécution par démission en amont des services qui devraient l’assumer. Il n’est pas l’intention du comité d’en juger. Cependant, le bon ordre, la sécurité et la salubrité à bord sont de la responsabilité du CDB. Et des procédures doivent s’appliquer quant au PAX DEPU (MANEX A, chapitre 10). Dès lors qu’un DEPU autonome embarque seul dans le flux des autres PAX, quelle garantie a-t-on que le passager en question sera bien assis à sa place ? Dès lors, comment est-on certain qu’il ne lui sera pas servi d’alcool ou fourni « d’ustensiles » puisqu’il n’y a aucune garantie qu’il sera assis à la place inscrite sur sa CAB (lesquelles n’ont plus à être présentées lors de l’entrée dans l’avion...) ? S’agissant des documents du DEPU (passeport, CNI autres), les autorités à destination n’attendent-elles pas de l’équipage qu’il les lui remettent en main propre ? Quid de la « visite très stricte de l’ensemble de ses bagages et de sa personne avant l’embarquement » ?
Par conséquent le CHSCT-Pilotes propose à la Direction de la Compagnie d’expliquer comment les dispositions du MANEX A sont respectées de manières certaines lorsqu’un DEPU autonome se trouve à bord.

Commentaire ALTER :
Là encore, pas de réponse, mais la direction persiste et diffuse des notes de service contredisant le référentiel. Se pourrait-il que des ordres venus d’ailleurs fassent supporter aux équipages en général et aux CDB en particulier les conséquences de décisions externes à Air France ? Là encore, à vos PR Sureté/ASR !

Sûreté en escale :

A l’issue des débats survenus lors de la réunion ordinaire au point 9, « Information sur la sûreté », les Représentants constatent qu’un sérieux manquement aux procédures d’inspection filtrage s’est produit au départ de SSG à l’occasion du vol AF953 du 1 juin 2018.
« … Lors du passage du PIF, l’OPL sort son téléphone de sa poche afin de le déposer pour le passage au xray. L’agent en charge du contrôle lui dit de garder sur lui son appareil. Il passera donc sous le portique avec ... »
Par conséquent le CHSCT-Pilotes propose à la Direction de la Compagnie de lui fournir des explications quant aux procédures en vigueur à SSG et le cas échéant de s’assurer que les mesures prévues par Air France sont connues et respectées.

Commentaire ALTER :
Nous attendons toujours la réponse… A votre vigilance, à vos PR !

Conclusion ? Restez vigilant(e)s et souvenez-vous de l’adage : pas de PR, pas d’affaire !
Merci de nous les transmettre, au nom de nous tous ! Nous nous engageons à continuer à poser les questions nées de la réalité du terrain.