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Mandat ou pas Mandat… Telle n’est pas la question !

20 juillet 2018

La direction d’AFKLM n’a-t-elle pas eu mandat pour signer la fusion d’accords actuels pour former une joint venture unique avec China Southern et Xiamen Airlines, et ce afin de consolider notre position de notre marché aérien chinois, dixit la publication d’AFKLM en date du 16 juillet dernier ?

Les différents COMEX d’AFKLM n’ont-ils pas eu mandat pour discuter de l’avenir stratégique de l’entreprise (A321 NEO, Long courrier low cost, Transavia France à 70 coques, etc.) ?

Le Comité de nomination en charge du recrutement du futur PDG d’AFKLM ne vient-il pas d’avoir mandat pour proposer à ce dernier une augmentation de rémunération à trois chiffres ?

… mais Madame COUDERC, PDG d’AFKLM, n’aurait toujours pas mandat pour clôturer le conflit social en cours à Air France !?!
Disons plus honnêtement que Mme COUDERC a bien un mandat, là encore, en la matière : celui de ne rien faire !
Celle-ci avait néanmoins promis un PDG d’AFKLM d’ici à mi-juillet. Si tel ne devait pas être le cas, « elle s’engageait à revenir devant le CA d’AFKLM pour débattre du contenu du mandat qui lui a été confié » (FlashActu du 14 juin 2018).
Aucun de ces deux engagements n’a à ce jour été tenu. L’Intersyndicale AF s’est réunie lundi dernier et se réunira vendredi 20 juillet afin d’arrêter sa réponse devant cet état de fait.

Si ALTER n’a absolument rien contre le fait que la direction continue à diriger, à signer des accords internationaux, à prévoir le futur de l’entreprise… elle est en particulier payée pour ça… force est de constater que dès qu’il s’agit de se pencher sur le sort des 46 000 salariés de l’entreprise, les affaires ne vont pas au même train. Alors, deux poids, deux mesures ? Une justice sociale, en l’occurrence salariale, à deux vitesses : le patron d’un côté, le salarié de l’autre ? Manifestement, c’est l’idée que se font les possédants du lien de subordination : tout pour moi, rien ou, au mieux, des miettes pour les autres.
ALTERne peut s’y résoudre, pas plus que les pilotes.

Revenons sur ce qui anime en ce moment le landerneau médiatique et pas que… : la nécessité de nommer un vrai patron de l’aérien à la tête d’AFKLM, au prix fort s’il le faut. Là encore, ALTER défend l’idée qu’il n’est pas du ressort des organisations syndicales de se mêler de ce type de dossier. En outre, en regard des politiques régressives, tant sociales qu’industrielles, mises en œuvre par nos précédents PDG français (PDV inconséquents débouchant sur un important sous-effectif pénalisant l’exploitation d’AF, mis en danger de notre Sécurité des Vols par augmentation entre autres de la fatigue, création de JOON, perte de 40 coques MC AF, transfert d’activité LC et MCC d’AF vers KLM, Transform2015, Trust Together, démantèlement du « Tout Cargo » Air France, etc.), que le prochain soit hollandais, français, homme ou femme… peu nous importe à partir du moment où le collectif humain trimant jour et nuit pour le bien de l’entreprise est au centre de ses préoccupations, où l’intérêt privé des dirigeants et autres actionnaires ne vient pas étouffer celui de la majorité des salariés.
Qu’il vienne de l’aérien, qu’il soit payé plus de 1,2 million d’euros, pourquoi pas. Car c’est reconnaître que les hautes compétences valent rémunération adaptée. Et c’est justement ce que nous voulons faire valoir, avec l’Intersyndicale AF, depuis le 22 février dernier, date du début de notre conflit : la reconnaissance à leur juste valeur des hautes compétences des salariés d’AF, pilotes compris. Car, à ce jour, celles-ci ne sont absolument pas rémunérées à hauteur de ce qu’elles devraient être, en particulier à cause des efforts passés qui nous ont conduits à laisser passer le train de l’inflation pendant six ans, à abandonner certains de nos acquis (jours de congés, jours de repos, composition équipage revue à la baisse sur certaines lignes, etc.)… sans parler du renoncement à tout simplement revendiquer au nom du progrès social.

Néanmoins, et pour clore ce chapitre de l’homme providentiel, quand nous parlons de compétences patronales à diriger une entreprise de transport aérien, sachons de quoi nous parlons avant de nous jeter dans la gueule du loup. Car il y a compétences et compétences : compétence à satisfaire les actionnaires au mépris des salariés et compétences à faire cohabiter en bonne intelligence ces deux mondes. ALTER, toujours, ne reconnaîtra que la seconde. Or, à l’heure actuelle, ce que les « professionnelles » du genre ont à dire sur notre industrie tend à se résumer en trois mots : low cost, low cost et low cost… en faisant bien attention d’y inclure les conditions sociales des personnels y travaillant.

Moralité, qui vous voulez, au prix que vous voulez…

MAIS LES SALARIES et LEURS REVENDICATIONS DOIVENT ÊTRE AU CŒUR DES FUTURES POLITIQUES SOCIALES et INDUSTRIELLES DE L’ENTREPRISE !

Ce qui se traduit par cet engagement, partagé par l’ensemble des membres de l’Intersyndicale Air France : le futur PDG devra solder le conflit salarial TOUJOURS EN COURS avant de pouvoir imaginer prendre en charge d’autres dossiers, tout stratégiques qu’ils puissent être !

Pour terminer cet édito, extrait des derniers résultats du trafic de Juin 2018, un constat, en forme de déséquilibre toujours criant, sur l’évolution des Sièges Kilomètres Offerts (SKO) entre Air France et KLM : cela aussi, il va falloir que cela cesse rapidement !