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Pas de sortie de conflit pour KLM et ses pilotes

23 août 2018

Pas de sortie de conflit pour KLM et ses pilotes
Air-Journal.fr – 21 Août 2018

La compagnie aérienne KLM Royal Dutch Airlines se dit incrédule et déçue face au rejet de ses nouvelles propositions par le syndicat de pilotes VNV, avec qui les négociations sont interrompues depuis vendredi mais qui n’a pas encore déposé de préavis de grève malgré ses menaces.

Après avoir reconnu il y a une semaine que les négociations étaient dans une « phase difficile », la compagnie nationale néerlandaise a présenté au syndicat représentant 98% de ses 2200 pilotes une « proposition améliorée » pour une nouvelle convention collective de travail, « plus conforme au souhait des pilotes de réduire la pression au travail et d’améliorer l’équilibre travail-vie personnelle ». KLM a reconnu que ces propositions ne s’alignaient « pas complètement » sur les exigences présentées par VNV même si elles en intègrent certaines, mais la compagnie-sœur d’Air France se disait prête à faire d’autres efforts : « nous sommes prêts à surmonter un grand nombre d’objections. Il s’agit d’une offre finale visant à garantir qu’une nouvelle convention collective soit mise en place le plus rapidement possible. C’est dans l’intérêt de tous ».

D’où cette « incrédulité » quand le VNV a selon KLM rejeté cette proposition « sans évaluation du contenu et sans discussion supplémentaire » avec la compagnie. Un rejet qui est « incompréhensible » et n’est « ni dans l’intérêt des pilotes, ni dans celui de KLM », ajoute-t-elle dans son communiqué. Avant de se dire « ouverte à toute discussion sur le contenu de la proposition ».

Dans un courrier à ses membres publié par De Telegraaf la semaine dernière, VNV expliquait que la compagnie de l’alliance SkyTeam « ne se rend pas compte de l’ampleur des troubles, et des mesures sérieuses qui sont nécessaires pour alléger la pression au travail ». Le syndicat rappelait hier sur RTL aux Pays-Bas qu’il demande que la « réduction de la pression sur le travail » (sur laquelle il existe un accord avec KLM pour une baisse de 4% des heures de travail pour le même salaire) débute dès le mois de prochain – et non en septembre 2019 comme le proposerait la direction. Un porte-parole de VNV évoquait même « un petit pas » demandé à la compagnie « en comparaison avec les conséquences d’un éventuel arrêt de travail ». Et il a précisé que cette éventuelle grève ne pourrait de toute façon pas être organisée avant quatre semaines, le temps de consulter les pilotes qui doivent se prononcer à deux tiers en faveur d’un arrêt de travail.

Rappelons que chez Air France, le SNPL avait prévenu que le futur dirigeant du groupe Air France-KLM devrait reprendre les négociations, sinon il y aura « quinze jours de grève » en plus des quinze déjà organisés depuis février dernier. C’était avant la nomination de Benjamin Smith au poste de CEO du groupe, une nomination mal accueillie par les syndicats français – qui ne peuvent toutefois que s’indigner pour l’instant, le nom du DG d’Air France avec qui ils négocieront n’ayant pas encore été révélé…

Commentaire ALTER :
ALTER n’est pas un fervent admirateur de la ligne éditoriale d’Air-Journal. Nous trouvons néanmoins pédagogique en cette période d’intense pilonnage libéral de maintenir les consciences éveillées et de partager avec vous l’article qui précède. Les arguments de la direction de KLM sont les mêmes que ceux de l’homologue française. Ce qui est surtout notable, c’est que les pilotes de KLM sont toujours présentés à ceux d’Air France (nous donc, suivez bon sang !) comme des gens raisonnables.

Il semble bien que, chez KLM, on n’ait pas besoin que la holding AFKLM doive avoir quelqu’un à sa tête pour négocier ! Les directeurs KLM ont bien mandat y compris social ! Pourquoi devrions-nous croire que ce serait nécessaire pour Air France ?

Nous exigeons toujours 5,1 % de rattrapage de 6 ans de salaires gelés (grilles). Cette revendication COLLECTIVE, partagée et défendue COLLECTIVEMENT avec les salariés du sol et le PNC par l’Intersyndicale devra être satisfaite. Un syndicat isolé ou les Pilotes seuls n’ont aucune perspective gagnable. La dynamique ne peut être que collective. Tout le monde le sait, même les pourfendeurs de l’intersyndicale. Le danger est d’ailleurs bien identifié par la direction qui use de tous les artifices pour la faire éclater. Pour répondre au SPAF, il n’y a pas de suivisme, mais un processus collectif fonctionnant au consensus. Cela nécessite écoute et souplesse. ALTER participera à la réunion du 27 août !

Pensez bien aux conditions d’exploitation et de travail qui sont les nôtres cet été, chers collègues. Souvenez-vous que le conflit « rémunération » a été suspendu sans qu’aucune réponse positive n’ait été donnée à la consultation que la direction a organisée toute seule en avril. Malgré la réponse des plus limpide donnée par les salariés et qu’elle s’efforce de faire oublier à travers son projet « Air France demain », gesticulation sous forme de boniment qui fait frétiller la tordante CFDT (qui s’appelle « SPL », chez les pilotes, pour celles et ceux qui découvrent le nouveau paysage syndical Air France, bienvenue à toutes et tous !).

Nous allons avoir besoin d’un très fort rapport de force à l’occasion de cette rentrée. Non pour saluer un homme providentiel. Mais pour contraindre les directeurs, les financiers et le conseil d’administration à adopter un projet d’entreprise fondé sur la reconnaissance de la plus-value des salariés d’Air France ! Cela suffit de ne céder qu’aux revendications des investisseurs (devenir PLUS rentable, abaisser les « coûts » du travail, camoufler les coûts du capital, etc.). Nous voulons d’un projet pour Air France par Air France ! Pas d’un dépeçage de plus en 3 ans dans la maison mère tel que celui que le non regretté JMJ s’apprêtait à faire après être allé plus loin que Juniac ne l’a pu (Low cost LC et low cost MC à CDG !).

La rentrée sociale, c’est demain aussi !