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Trust Together A la croisée des chemins

12 juin 2017

ALTER vous en parle depuis de longs BSPN : l’accord « Trust Together » actuellement proposé par la direction - précisions après précisions, car la direction n’a qu’une seule parole et elle l’a écrite partout : elle ne négocie plus, elle précise ! - est inacceptable et pour la profession et pour l’entreprise.

Inacceptable pour notre profession car :

  • BOOST est un cheval de Troie, une boite de Pandore, à l’image de ce qu’est Transavia France, en matière de démantèlement de l’activité Long et Moyen courrier d’Air France. Qui peut croire un seul instant que nous en resterons à 10 avions LC et 18 MC une fois cette entité en ordre de marche ? D’ailleurs, le cabinet d’audit du CCE, SECAFI, l’a bien stipulé : « (...), la question se pose également de la durabilité du périmètre [de la flotte avion AF] considéré au regard de l’intérêt économique que pourrait représenter un élargissement de Boost, par exemple, à l’ensemble du Moyen Courrier. » Sur un plan purement économique, SECAFI précise : « Les économies spécifiquement liées au projet BOOST en tant que filiale ne représentent que 3 % de l’ensemble des plans de progrès que l’entreprise envisage de mettre en œuvre pour améliorer la compétitivité de ses coûts LC et MC d’ici 2020. » En l’occurrence, entre 10 et 25 millions d’euros d’économie par an à l’horizon de 2020 ! Pour rappel, Transavia France devait aussi générer des profits… la direction d’alors avait seulement oublié de spécifier l’année. L’aspect cohésion dans l’entreprise, en particulier au sein des navigants entre Pilotes et PNC, est aussi à mettre au rang des dommages collatéraux à prévoir. Deux conséquences non négligeables sont alors à envisager : tout d’abord sur le plan de la sacro-sainte Sécurité des Vols avec des ambiances tendues à bord des avions, des relations se résumant au minimum syndical… Sur le plan du fameux indicateur « NPS » (Net Promoter Score) de satisfaction « client », dont on nous rebat les oreilles de puis peu (l’indicateur est même apparu sur le bandeau d’iPn aux côtés des autres paramètres importants de notre métier : cours de l’action AFKLM, ponctualité, cours du kérosène), les tensions au sein des équipages et plus particulièrement chez les PNC risquent fort d’amener cet indicateur pour longtemps en zone négative. Alors, BOOST, tout ça pour ça ?!? Les dangers sont manifestement bien trop grands en regard des profits escomptés. ALTER refuse de mettre en péril la Sécurité des Vols et la cohésion sociale entre salariés d’Air France, refuse d’entraîner l’entreprise sur les chemins mortifères d’un démantèlement industriel annoncé et d’un désengagement de ses salariés dans leur travail au quotidien (cf. enquête Risques PsychoSociaux du Chsct-Pilotes).

- l’équilibrage des activités Long et Moyen courrier entre Air France et KLM ne nous paraît pas raisonnable dans sa durée : 9 années ! Dans ce laps de temps, combien de PDG d’AF et/ou de d’AFKLM ?, combien de bureaux syndicaux ?… pour défaire une telle ambition si lointaine ?
Et que dire des ambitions réelles d’une direction qui refuse de s’engager au-delà de 2022 sur le contrôle de ses engagements en la matière ?
Et que dire des ambitions réelles d’une direction qui prévoit en filigrane de ne pas prolonger les pénalités au-delà de 2022 pour non-respect des engagements pris en la matière encore ?
… que la direction d’Air France prévoit d’ores et déjà de tout remettre en cause à mi-parcours peut-être ?!?

ALTER tient aussi à rappeler une évidence que d’aucuns auraient pu oublier depuis : elle l’a reconnu officiellement à plusieurs reprises, c’est bien la direction d’AFKLM qui est à l’origine de l’actuel déséquilibre d’activité entre le Long courrier d’Air France et de KLM, qui a trahi sa parole contractuelle, qui a organisé la fuite des passagers hexagonaux vers la Hollande et, en conséquence, de l’affaiblissement de notre performance économique, bien que cette dernière soit restée néanmoins profitable. Il est donc hors de question de lui faire confiance sur un sujet aussi sensible que celui-ci, toutes les dispositions en vue de la contraindre à respecter sa parole, enfin, doivent être prises, aucune largesse ne doit lui être accordée, notre histoire sociale doit nous servir de leçon.

Aussi, les derniers petits renoncements offerts par le SNPL AF en matière de revendication salariale (report à l’automne 2017… qui peut croire que nous serons alors en position de force ?), de toilette sur A350 (attente d’une étude « automnale » sur B787 pour prendre une décision définitive), de lecture de l’article de Transform2015 gérant le gel des classes (une étude juridique sera menée dans les deux mois suivants la signature… et si l’étude n’est pas en faveur des pilotes ?) sont autant de signes de faiblesse de notre profession envoyés à la direction. Faut-il y voir une simple marque de concessions ordonnées par la fatigue et une certaine résignation ou le poids d’une opposition interne à l’actuel BAF ? Si nous devions une fois de plus en rabattre sur les « Production balances », qu’adviendrait-il alors de la force syndicale pilote, de notre capacité à nous imposer sur la scène sociale d’Air France à l’avenir ?

- le titre portant revalorisation de notre Rémunération a été tout bonnement supprimé de l’accord, au moment même où, nous ne le répéterons jamais assez (tant la stratégie du choc concoctée par la direction par distillation jour après jour du virus de la peur pourrait nous avoir quelque peu anesthésiés), les « grands » de notre entreprise continuent de se gaver avec des augmentations à deux chiffres ! Et cette suppression a malheureusement été avalisée par le Conseil du SNPL AF en mai dernier, certains ayant préféré soutenir la création de BOOST en sacrifiant cette légitime revendication sur l’autel du pragmatisme, du réalisme… prétextant qu’elle était une condition que la direction n’accepterait jamais : ou comment faire du syndicalisme en revêtant le costume trois-pièces du patron ! Quelque peu inquiétant dans la perspective d’une éventuelle signature à venir d’un accord pilote.

Voici les trois grands thèmes qui poussent ALTER à essayer de vous convaincre que l’accord « Trust Together » est probablement l’un, si ce n’est le plus mauvais, le plus nocif des accords pilote jamais proposés : démantèlement programmé de l’outil industriel, augmentation de la productivité, aucune revalorisation salariale en période de bénéfices et après de nombreuses années d’efforts, destruction planifiée de la cohésion sociale intercatégorielle globale et mise au ban des pilotes plus particulièrement…

Pendant ce temps-là, Air France n’arrive toujours pas à gréer tous ses vols par manque de pilotes et d’avions, n’arrive toujours pas à ouvrir toutes les lignes souhaitées par manque de pilotes, est obligée de rappeler des ex-salariés PS et PNC partis en PDV (toutes catégories socioprofessionnelles confondues) par manque de compétences, accentue mois après mois le déséquilibre d’activité Long ET Moyen courrier avec KLM, met en danger notre Sécurité ds Vols par une ambiance sociale des plus tendues et un encadrement qui n’a toujours pas changé son logiciel de fonctionnement (les coûts avant tout, le « reste » après…), celui-là même qui voulait nous persuader, sous l’ère Juniac, que nous allions licencier 300 pilotes...

En résumé, ALTER est persuadé, et espère vous en persuader, qu’il est URGENT de prendre son temps et d’essayer déjà de bien faire le peu que l’on essaye de faire avant de se lancer dans des aventures inconsidérées et irréversibles ! Bouger pour bouger ne sert à rien si cela est synonyme de recul ! Et c’est bien ce que la direction d’Air France nous propose aujourd’hui avec son Trust Together : régresser sur tous les plans, industriel et social… pour qu’elle puisse, elle, mieux progresser dans ses privilèges et son enrichissement !

En l’état actuel des choses et malgré les politiques sociales et industrielles de la direction bridant notre dynamisme, les prévisions tant économiques que commerciales d’Air France sont bonnes !
Faisons-nous confiance, ne cédons pas aux sirènes du pessimisme anachronique et mensonger ! Résistons, ensemble, pour construire l’avenir d’Air France au sein d’Air France, nous en avons largement les moyens !

SI « DEMAIN » AUCUN ACCORD PILOTE NE DEVAIT ÊTRE SIGNÉ,
AIR FRANCE CONTINUERAIT À VIVRE NORMALEMENT,
À SE DÉVELOPPER, À ACQUÉRIR DE NOUVEAUX AVIONS,
À EMBAUCHER, À FORMER DES OPL ET DES CDB, À CRÉER DE LA RICHESSE !

DÈS À PRÉSENT,
ENGAGEONS-NOUS TOUTES ET TOUS
CONTRE « TRUST TOGETHER » ET POUR « AIR FRANCE » !