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Un été radieux !

3 octobre 2018

« Un été radieux ! »
… avant un automne tout aussi radieux ? Pourquoi pas !

L’Intersyndicale Air France (ISAF) a rencontré M. Benjamin Smith et son équipe le lundi 1er octobre dernier. ALTER faisait bien entendu partie de sa délégation. La CFDT, le SPAF et la CGC devaient être reçus par la suite.

ALTER tient à noter, avant toute chose, que M. Benjamin Smith est à ce jour le SEUL haut dirigeant d’AFKLM et d’Air France à avoir accepté de recevoir l’Intersyndicale Air France. Ni M. Janaillac, ni Mme Couderc n’avaient cru bon devoir s’abaisser à rencontrer les représentants d’une majorité de salariés d’AF : tout un symbole d’un temps de mépris que nous espérons révolu.

ALTER tient donc à saluer à sa juste valeur ce premier signe d’apaisement de la part de M. Benjamin Smith… en formant le vœu vigilant, bien évidemment, que la voie du dialogue social enfin retrouvé débouche, très rapidement, sur des actions concrètes et progressistes.

A l’occasion de cette première entrevue, tous les participants se sont engagés à respecter une clause de confidentialité des débats. ALTER se tiendra donc, à ce stade des discussions, à sa parole donnée.

Initialement prévus par notre Direction générale, les plateaux-repas ont été poliment refusés par l’ISAF dans l’unique but de concentrer l’heure et demie de rendez-vous initialement programmée au travail de fond. De ces premiers échanges, ALTER peut néanmoins « révéler » qu’ils furent courtois, francs et directs. En d’autres termes, que ce qui devait être dit par chaque partie l’a été sans faux semblants. Côté ISAF, nous avons officialisé auprès de notre nouveau Directeur général « exécutif » notre revendication salariale consistant en un rattrapage de l’inflation perdue entre 2012 et 2017 par le biais d’une augmentation des grilles salariales de 5,1 % pour TOUS les salariés d’Air France.

Petit rappel historique concernant la valeur de l’inflation réclamée : l’ISAF l’avait initialement évaluée à 6 %, évaluation qui était notre revendication première. Ce montant avait été ramené à 5,1 % en guise de bonne volonté de la part de l’ISAF collant ainsi au calcul de la direction d’alors. Mais cette dernière avait cru bon mépriser cette main tendue. Figée dans une posture idéologique marmoréenne, le trio Gateau/Terner/Janaillac décidait alors de jeter leurs dernières forces dans une consultation tous salariés dont le résultat fut sans appel : 55 % des votants, avec une participation de plus de 80 %, refusaient leur projet salarial sur fond de colère sourde après tant d’années d’efforts pour tant de mépris récolté.

Les récentes évictions de MM. Terner et Gateau par M. Benjamin Smith, après celle autoproclamée de M. Janaillac en mai dernier, viennent confirmer, s’il le fallait encore, la légitimé du combat engagé depuis plus de sept mois par l’Intersyndicale Air France, symbole même d’une unité solidaire et fraternelle regroupant, outre une majorité de salariés, tous les corps socioprofessionnels d’Air France au travers de 9 organisations syndicales PNC (SNPNC, UNSA, SNGAF, CFTC… sans compter les sections SUD et CGT), PS (SUD Aérien, CGT, FO) et Pilotes (SNPL et ALTER). ALTER ne peut donc que se réjouir d’avoir participé à ce combat collectif concourant à resserrer les liens entre tous les personnels de notre entreprise, par là même à renforcer de manière exceptionnelle le rapport de force, et à repousser le virus malsain de l’individualisme destructeur et stérile.

Néanmoins, ALTER se doit d’affirmer haut et fort cette autre vérité (après celle justifiant la lutte pour notre revendication salariale) : si le remaniement de la haute direction d’Air France était un passage obligé pour un tout nouveau Directeur général qui n’a dû sa place qu’au conflit toujours en cours, celui-ci est tout sauf une fin en soi pour l’ISAF. La première et seule revendication reste et restera celle portée par la volonté de rétablir une véritable justice salariale au sein d’Air France, le rattrapage de l’inflation passée.

Si le calendrier mis en place par M. Benjamin Smith depuis sa prise de fonction officielle le lundi 17 septembre dernier s’inscrit dans un scénario positif (enchaînement des réunions de travail en tout genre), comme ALTER l’écrivait en introduction, il va sans dire qu’il devra aussi tenir compte des exigences temporelles qui lui ont été aussi formulées par l’ISAF. Ces dernières comportant en leur sein celle d’une proposition concrète sonnante et trébuchante « sous peu ». Si les paroles de M. Benjamin Smith devaient, à l’image de celles de ses prédécesseurs, se contenter de brasser du vent sans jamais se transformer en actes concrets et « constructifs », l’ISAF, et ALTER donc, n’auraient d’autre choix que de vous solliciter afin de faire monter la pression.

Pour clore cet édito, ALTER tient à terminer sur une note optimiste, à l’aune du scénario actuel mettant en scène l’ISAF et la nouvelle Direction générale, en reproduisant une courte partie d’un article du journal Le Monde paru le 27 septembre dernier et susceptible à bien des égards de rasséréner les plus inquiets d’entre nous sur l’avenir d’Air France et son réel potentiel en termes d’attractivité sur le marché du transport aérien et de capacité à faire face à la concurrence et autres défis du moment, d’autant plus que ce ne sont pas les paroles d’un syndicaliste qui y sont mis en valeur :

« Pour Air France, l’accord avec Booking vient couronner un été radieux. Outre la mise entre parenthèses du conflit social, « juillet et août sont allés au-delà des objectifs (…) et les réservations sont bonnes jusqu’à la fin de l’année », s’est réjoui, mardi, Patrick Alexandre, Directeur général adjoint, chargé du commercial d’AFKLM. La montée en puissance de la compagnie « est notamment tirée par un marché français très dynamique », selon M. Alexandre. Malgré les grèves du printemps dernier « les gens sont au rendez-vous », ajoute-t-il, enthousiaste. Au point « qu’AF a augmenté de 2 points sa part du marché français » cet été. Cerise sur le gâteau, « aucun des grands comptes n’a quitté la compagnie » pendant le conflit social, assure le Directeur général. Seule ombre au tableau, la remontée du prix du pétrole, qui aura « un impact sur l’ensemble du transport aérien mais surtout sur les compagnies low cost », précise M. Alexandre. »